LFM Radio
Pendant plus de deux ans, suite à la fermeture de Radio Droit de Cité, les habitants du Mantois n’ont plus de Radio. C’est ce vide qu’est venue combler la radio « féminine, citoyenne et locale » LFM, basée à Mantes-la-Jolie. En octobre 2008 le CSA lance un appel à candidatures pour reprendre la fréquence 95,5 laissée vacante.
Un homme, Lahbib Eddaoudi, chargé de communication chez Peugeot, réunit autour de lui une équipe de connaissances, essentiellement originaires de la banlieue Ouest, éducateurs de quartiers, stagiaires dans les collectivités , professionnels de la communication… pour élaborer un projet.
Lors de la préparation du projet « nous avons fait un sorte d’étude de marché, pour voir ce qui manque dans les quartiers, de quoi ils ont besoin. Explique Louis Dubois, directeur de l’Antenne. Les femmes de banlieue sont un véritable sujet pas assez traité. Elles peuvent être présidentes d’associations, éducatrices, chefs d’entreprise ou des mères de famille épanouies... Elles ont un rôle dans les quartiers souvent méconnu des médias qui ont une vision très machiste et tronquée. Ils préfèrent montrer les voitures qui crament ou les burqas. Pour nous il s’agit de faire entendre un autre son de cloche, de valoriser la banlieue». « Notre projet a été sélectionné car il s’agit d’une radio de terrain avec une équipe nouvelle, compétente et originaire des quartiers qui veut renouveler l’image des quartiers » explique Louis Dubois, dirtecteur d’antenne. L’équipe, d’une moyenne d’âge de 23-24 ans est paritaire et professionnelle -la plupart des journalistes ont déjà une expérience dans un média et souvent la carte de presse-. On retrouve ainsi autant de garçons que de filles, qui viennent tous de banlieue. La programmation musicale est variée : rap et raï côtoient la pop anglaise. Plusieurs émission concernent directement les femmes (Femmes, à vous la parole ; Mamans, vos questions), mais la citoyenneté étant également un des piliers de la radio, à l’image de l’émission Café débat, les hommes ne sont pas exclus. « Pendant des siècles les femmes ont été exclues, mais il ne s’agit pas de faire l’inverse en évitant les mecs, assure le jeune directeur d’antenne. Nous restons ouverts à la contradiction, il ne s’agit pas d’exclure les machos potentiels. Si la parole est coupée il y a frustration. »

