Charte Médias Banlieues
Une charte pour un dialogue entre médias et banlieues
Les médias sont l’une des sources majeures de fabrication des représentations.
La société française se trouve dans une période de très grande crise de la représentation. Les couches (et
quartiers) populaires ne se sentent que peu, et souvent mal, représentées. Cette réalité constitue une
poudrière depuis trop longtemps.
Après les émeutes sans précédent qui ont secoué la France et ses banlieues à l’automne 2005, tous les
acteurs de la société doivent s’interroger sur la manière dont ils peuvent faire évoluer cette réalité –que ces
acteurs s’appellent police, justice, éducation, entreprise, État, collectivités… ou médias. Ils doivent notamment
réfléchir à leurs pratiques et leurs rapports aux banlieues, et à leurs habitants.
Recréer du lien pour combler la fracture médiatique
En effet, si le rôle des médias est d’informer, il est aussi de relier. Cette étymologie devrait être la pierre angulaire
d’une réflexion sur la fonction sociale, « citoyenne », du journaliste. En particulier dans les banlieues, qui
sont les premières victimes de toutes sortes de fractures : sociales, économiques, culturelles... et sans doute
aussi médiatique. Des fractures liées à l’histoire des quartiers et des couches populaires, à l’histoire de l’immigration,
à celle des discriminations, ainsi qu’au contexte économique et social en France.
Or les médias doivent nous aider à surmonter ces fractures, à aller « au-delà du périph’ ». Que ce « périph’ »
soit réel ou imaginaire. Ils doivent nous aider à casser les clichés, car ils sont théoriquement un outil de connaissance
de l’autre.
Comment y parvenir, alors que beaucoup de journalistes connaissent mal la réalité des banlieues et ont du
mal à travailler dans de bonnes conditions, en particulier sur ces sujets délicats, parfois éloignés de leurs
bases (géographiques, sociales, culturelles...) ?
Mieux rendre compte de la réalité des quartiers populaires est aussi une nécessité économique incontournable
pour les médias, voire une question de développement économique : les quartiers populaires représentent près
de dix millions de lecteurs et téléspectateurs en France.
Une charte des médias en banlieue
C’est dans ce but que le collectif de rédacteurs et d’illustrateurs qui a constitué Ressources Urbaines à la
veille des émeutes, fort de dix ans d’expérience au service des médias dans les banlieues et des médias de
banlieue (Pote à Pote, Respect magazine, Fumigène, Zanatane…), a proposé aux acteurs de ces quartiers
ainsi qu’à ceux des médias grand public, de se rencontrer afin d’amorcer un dialogue constructif.
Ressources Urbaines, l’agence de presse des quartiers, et le Centre de Formation des Journalistes se sont
ainsi associés, soutenus par le Bondy blog, la radio Générations, l’association La Cathode et le magazine
Fumigène, pour créer ces passerelles.
Une rencontre entre une soixantaine d’acteurs des quartiers et des médias télé, radio, presse écrite et Internet,
s’est tenue le 03 février 2007 à L’Île-Saint-Denis afin de lancer la dynamique de réflexion sur le traitement médiatique
des banlieues.
Une liste d’une trentaine de propositions est issue de cette rencontre. Ces propositions sont la base de la
« charte des médias en banlieue ». Cette charte n’est pas un objet définitif, figé. Elle a pour vocation de susciter
un dialogue entre les rédactions, les acteurs des médias issus des quartiers, et l’ensemble des acteurs
des banlieues (notamment les institutions). Elle devra donc être remise en discussion chaque année, en fonction
d’éléments nouveaux qui interviendraient dans la vie des banlieues ou celle des médias.
Téléchargez la charte pour l'amélioration du traitement médiatique des banlieues :

