Les « anciens » en images au café social de Belleville

Le 29-04-2011
Par xadmin

Ils sont en train de papoter, boire le thé ou le café, jouer aux dominos ou à la kharb’ga1. Au fond de la salle du Café Social de Belleville, une exposition présentée dans le cadre du Printemps de la mémoire du 28 avril au 31 mai par l’association hôte Ayymen Zamen et Aidda. Sur les clichés : les portraits des vieux migrants qui fréquentent cet espace convivial de socialisation.

L’exposition commémore les 10 ans d’existence de l’association qui a ouvert ce café atypique du 20ème arrondissement en 2003, avant de reproduire l’initiative dans le 18ème en 2008. L’objet du lieu est d’aider et accompagner les migrants dans la vieillesse. « La cible sont les vieux migrants un peu mis à distance, délaissés par les autres structures, explique le directeur Moncef Labidi. Le travail consiste essentiellement à leur faire ouvrire des droits sociaux, notamment à la retraite. Ils n’y sont pas forcément préparés.On les aide à passer ce cap difficile. On leur donne la possibilité de trouver de la chaleur humaine à travers des jeux, des excursions, des séances de jardinage pour régénérer du lien social. »

La plupart des personnes âgées qui ont leurs habitudes au café sont isolées de leur famille. Il y a là principalement des hommes maghrébins, mais pas uniquement. « Il y a aussi une population âgée française qui vient à cause de la proximité, ainsi que des subsahariens » précise le directeur.

A côté des photos réalisées par Aidda, une association de photographie sociale spécialisée sur l’immigration, un petit texte retrace en quelques lignes le parcours de chaque migrant. « Nous avons proposé aux gens de se faire tirer le portrait, seuls ou en famille. Le contexte de fête dans lequel ce travail a été réalisé a fait qu’ils s’y sont prêtés avec beaucoup de gentillesse. Chacun a reçu une épreuve encadrée. Les gens voient leur portrait comme un signe de reconnaissance, un attachement au lieu. Accrocher leurs photos au mur c’est leur réserver une place de choix qui représente la relation humaine qui s’est créée. »

 Les photos resteront sur place au moins deux mois avant d’être exposées dans le café social du 18ème, autre arrondissement parisien riche en mémoires de l’immigration.

 

 

 

 

1Le « jeu de poussière », variante de jeu de dames anciennement tracé à même le sol
 

YT

http://www.cafesocial.org/

http://www.aidda.com/

http://www.memoires-histoires.org/
 

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