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Nadir Dendoune : enfin libre !

La nouvelle est tombée jeudi après-midi 14 février, Nadir Dendoune a été libéré de la prison irakienne dans laquelle il croupissait depuis le 23 janvier. Une bonne nouvelle qui signifie la fin d'une attente interminable pour sa famille et ses amis. Madjid Messaoudene, membre du comité de soutien du journaliste, évoque les soubresauts de cette affaire.

 
Le 23 janvier dernier, Nadir Dendoune, en reportage en Irak pour le Monde diplomatique et le Courrier de l'Atlas, est arrêté. Le motif : le journaliste aurait pris des photos de sites sensibles et ce, sans autorisation. Pourtant, avant de partir, Nadir Dendoune s'était bien fait délivrer un visa presse par l'ambassade d'Irak à Paris. L'incompréhension passée, le comité de soutien au journaliste est créé. Après 23 jours, 2 rassemblements (La fontaine des innocents le 31 janvier, et le parvis des Droits de l'Homme, le 6 février) et d'innombrables coups de téléphone au Quai d'Orsay, Nadir Dendoune est libéré. Cet heureux événement ne doit pas cacher le fait que les motifs de son incarcération restent flous et que 23 jours de détention pour rien, c'est un peu long… même si l’intéressé clame : « J'en ai vu d'autres. J'ai gravi l'Everest sans jamais avoir fait de montagne. Je sais que je n'ai rien fait de mal. L'ambassadeur d'Irak à Paris m'a remis le visa en mains propres ». Nadir Dendoune aurait-il pu être libéré plus vite ? Madjid Messaoudene reste très prudent et se réjouit surtout qu’il soit enfin libre.  
 

Le rôle de la presse

Le 9 février, Reporters sans frontières publie un appel relayé par 6 grands quotidiens français : Le Monde, Libération, le Parisien, l'Equipe, les Echos et l'Humanité. Cet appel est signé par 50 personnalités dont Florence Aubenas, Georges Malbrunot et Hervé Ghesquière, eux-mêmes journalistes anciens détenus.
 
La mobilisation pour libérer Nadir Dendoune a-t-elle été bien relayée par les grands médias traditionnels ?
 
Majid Messaoudene : C'est vrai qu'à part France 3, TV5 et France 24, on n'a que très peu entendu parler de la détention de Nadir. Les grands médias comme iTélé ou BFM ont mis beaucoup de temps à réagir. Heureusement, qu'il y avait les radios comme RTL et Europe 1, mais en terme de masse-média télévisuels, c'est comme si certains médias ne voulaient pas parler de Nadir. Il faut dire que le fait qu'il soit free-lance ne l'a pas aidé non plus.
 

Le rôle de la mobilisation

Quelques jours après sa création, le comité de soutien de Nadir Dendoune lance une pétition en ligne. Qui aura comptabilisé 22 311 signatures, dont celles de Noël Mamère (EELV), Jean-luc Mélenchon (Front de Gauche) ou encore Eva Joly (EELV).
 
La mobilisation a-t-elle été déterminante pour la libération de Nadir Dendoune ?
 
M. M. : Il y a eu des manifestations de journalistes jusqu'en Irak [7 février, ndlr] ! Des membres d'un syndicat de journalistes hostile au régime ont manifesté devant la prison. Ca a posé des problèmes ! L'Irak a certainement pris conscience que le cas de Nadir Dendoune prenait de l'envergure et que, pour leur image, ce n'était pas très flatteur. L'Irak allait être perçue dans le monde entier comme un pays qui ne respecte pas la liberté de la presse. Donc on peut dire que la mobilisation a payé.
 

Le rôle des autorités

Le 2 février, le consul de France réussit à rendre visite à Nadir. Mais c’est véritablement à compter du 10 février, suite à l’intervention du ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, évoquant le cas de Nadir, que les choses auraient véritablement commencé à bouger. A fortiori lorsque, le 13 février, invité au Grand Journal, il accepte de recevoir la famille du détenu.
 
L'implication du gouvernement a-t-elle été déterminante ?
 
M. M. : Quand j'ai vu qu'Olivier Mazerolle recevait Laurent Fabius dimanche sur BFM, je l'ai contacté pour lui demander de parler de Nadir au ministre des affaires étrangères. Laurent Fabius a dit qu'il devait sortir de prison, étant donné que jusqu'ici il n'y avait aucune preuve contre lui justifiant cette détention. Depuis que Laurent Fabius en a parlé, on a pu constater un effet boule de neige. 
 
Nadir Dendoune a été libéré hier, connaissez-vous les circonstances de cette libération ? 
 
M. M. : Nous avons appris sur Internet qu'il était libéré hier ! Ce qui est sûr c'est que Nadir ne veut pas être accueilli à l'aéroport. Il préfère rester en paix et au calme avec sa famille. Un point presse sera organisé dans les 48 heures.
 
 
 

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